Présentation du documentaire

El-tercer-nivel« El Tercer Nivel »

Temps de crises oblige, le travailleur est le premier à faire les frais de la recomposition d’une économie globalisante. Face au désengagement grandissant des pouvoirs publiques et au désintérêt patent des investisseurs/bailleurs privés, la tentation est grande pour les salariés de récupérer leur outil de travail.  Mais les travailleurs ne sont pas les seuls à s’intéresser de près au modèle coopérativiste. Ainsi, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a-t-elle déclaré 2012 “Année des coopératives”. Dans cette veine et comme le souligne Philippe Vanhuynegem, son mandataire, la Bolivie fait figure d’avant-garde au niveau mondial, ainsi le pays a-t-il calqué son plan de développement sur la recommandation 193 de l’OIT dite « Recommandation sur la promotion des coopératives » (2002).

L’utopie portée par le coopérativisme n’a bien évidemment pas laissé indifférent le cinéma. Preuve en sont les Lip, ces ouvriers de l’usine horlogère éponyme de Besançon, l’exemple français emblématique de l’autogestion. Depuis 2007 et le documentaire de Christaina Rouot, “Les Lip, l’imagination au pouvoir”, en passant par celui de Dominique Ladoge, “Les Lip”, en 2010 jusqu’à son téléfim de 2011, “L’été des Lip”, ce n’est pas seulement l’attrait des cinéastes qu’il faut pointer.  Le César du meilleur documentaire obtenu en 2012 par Christian Rouot, au sujet de l’autre grande utopie française contemporaine, “Tous au Larzac”, démontre la sensibilité du public à l’égard d’une thématique dont on aurait pu le croire fort éloigné.

Plus qu’un film entretiens et d’archives ou qu’un traitement journalistique, le cinéma direct semble à même de répondre à cette question puisqu’il nous plonge au cœur d’une réalité vécue, sentie et pensée. Dans cette réalité, la mine occupe un espace particulier et peut-être privilégié. Milieu ténébreux, il semble hostile et inquiétant. Ainsi bien souvent n’est-il abordé que par ses aspects les plus misérabilistes, tel est le cas notamment du documentaire de Kief Davidson et Richard Ladkani ,“La mina del diablo” (2005), qui décrit il est vrai la condition d’enfants mineurs de fond.  Ou lorsqu’il ne l’est pas, il l’est par des abords faussement angéliques, comme pour le webdocumentaire “Cuatro horas” (2010).

Dans cet autre monde, si la Bolivie occupe une place de premier plan, de par son histoire, ses paysages et sa culture la région d’Oruro n’est pas en reste. Son carnaval inscrit au patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité de l’Unesco depuis 2011 témoigne  du puissant syncrétisme religieux andin. Un mélange de croyances pré-hispaniques et de culte catholique, depuis ses origines pré-inca jusqu’à l’arrivée des espagnols.

La majorité des parades expriment la rébellion des communautés natives contre l’envahisseur espagnol qui instaura dès le début de la Conquête l’exploitation des richesses et de la main-d’œuvre indigène au profit de la couronne de Castille. La cérémonie religieuse rend hommage au métal précieux que représente l’argent et qui fit la richesse de la région durant l’époque coloniale. Aujourd’hui encore les mineurs prient pour que les richesses minérales ne viennent pas à faire défaut et leur assurent ainsi du travail.

Au fond de la mine, dans les entrailles de la terre, rode la force du mal et sa figure diabolique, le Tío Supay. C’est dans cet univers fait d’adversité et d’espoir, de pragmatisme et irrationalités que nous conduirons le spectateur. Une descente épique à travers l’existence de cinq personnages insolites au sein d’une communauté improbable. Un voyage picaresque sous les terres du réalisme magique des romans sud-américains.

L’équipe de « el tercer nivel »


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